Charles Villeneuve

Club Italie-France : Vous avez été reporter de guerre, dirigeant de rédaction, producteur, écrivain et dirigeant sportif. Lorsque vous regardez votre parcours, quel fil conducteur relie toutes ces expériences ?

Charles Villeneuve : Le goût des autres, avec cette conviction que l’autre sait des choses que j’ignore et que dialoguer avec lui, négocier, c’est s’enrichir et donc construire. C’est ce qui m’a permis d’affiner mon discernement tout au long de ma vie professionnelle. 

Club Italie-France : Après plus d’un demi-siècle de carrière, quel événement ou quelle rencontre a le plus profondément influencé votre regard sur le monde ?

Charles Villeneuve : La rencontre d’un prêtre jésuite, Hans-Peter Kolvenbach, qui était le patron des jésuites de tout le Moyen-Orient. Je l’ai connu à Beyrouth, et en 1982 il a été appelé à Rome par Jean-Paul II pour devenir le général de la Compagnie de Jésus dans le monde entier. C’est lui qui a, en quelque sorte, « démarxisé » le corps des jésuites.  Il parlait parfaitement l’arabe, le français, l’anglais, l’italien. Il est revenu finir sa vie à Beyrouth, où il est enterré au carré des jésuites. Il m’a fait connaître toutes les grandes personnalités du Moyen-Orient, parce que sa sagesse et sa culture politique lui ouvraient toutes les portes. 

Club Italie-France : Vos reportages vous ont conduit sur plusieurs théâtres de conflits au Moyen-Orient. Quelles leçons ces expériences ont-elles laissées à l’homme et au journaliste que vous êtes devenu ?

Charles Villeneuve : La brutalité et la cruauté de la guerre rappellent une évidence : les armes tuent, tandis que la négociation, la médiation et le dialogue construisent. Je trouve que les journalistes ne l’expliquent pas suffisamment. 

Club Italie-France : Europe 1 a constitué une étape majeure de votre carrière. Quels souvenirs gardez-vous de cette grande époque du journalisme français ?

Charles Villeneuve : La qualité de ceux qui m’ont dirigé : Maurice Siegel et Jean Gorini, directeur de la rédaction. Ils m’ont appris l’utilité du présent narratif et la nécessité de se cultiver pour développer le discernement, et ainsi éviter l’entre-soi. 

Club Italie-France : En 1990, vous participez à la création du « Droit de savoir », une émission qui marquera durablement le paysage audiovisuel français. Aviez-vous conscience à l’époque de créer un format appelé à devenir une référence ?

Charles Villeneuve : Non. Nous ne savions pas que l’émission allait durer vingt ans. Seuls deux hommes y croyaient vraiment, beaucoup plus que nous : Étienne Mougeotte et Patrick Le Lay, le président de TF1.  C’est seulement après le premier Droit de savoir et l’audience – plus de 4 ou 5 millions de téléspectateurs – que nous avons compris. Ce premier numéro, consacré à François Mitterrand alors qu’il était encore à l’Élysée, le décrivait sous toutes ses coutures, y compris les plus négatives. 

Club Italie-France : Selon vous, quels ont été les ingrédients essentiels du succès du « Droit de savoir » : l’investigation, la liberté éditoriale ou le courage d’aborder des sujets sensibles ?

Charles Villeneuve : Les trois, mon colonel. Le goût de l’enquête, le formidable appui de nos dirigeants, Mougeotte et Le Lay, et les moyens financiers qui nous ont permis d’aller très loin.  Je pense aussi aux encouragements du créateur de TF1, Francis Bouygues, qui m’avait dit dans le hall du nouveau siège : « D’où tenez-vous, Villeneuve, cette connaissance militaire des conflits, de la guerre ? D’où tenez-vous cette science de l’histoire et du goût de la géographie qui commande l’histoire ? » Je ne lui ai pas répondu que j’avais passé trois ans dans l’armée, que j’avais fait l’Institut des hautes études de défense nationale et plusieurs degrés de l’École de guerre. C’est cette addition qui m’a permis d’apporter des choses nouvelles à Droit de savoir et dans la direction de l’unité que je dirigeais. 

Club Italie-France : Vous avez côtoyé plusieurs générations de responsables politiques, de chefs d’entreprise et de personnalités publiques. Quelles qualités distinguent, selon vous, les véritables leaders ?

Charles Villeneuve : La clarté de leurs objectifs, et le fait qu’ils se donnent réellement les moyens de les atteindre, aussi bien en termes de volonté que de moyens financiers. 

Club Italie-France : Après avoir observé le pouvoir sous toutes ses formes pendant plus de cinquante ans, qu’avez-vous compris de sa véritable nature ?

Charles Villeneuve : Qu’il est trop changeant, trop superficiel, qu’il promet un tas de choses qu’il ne tient pas. Et j’ai compris qu’il fallait faire exactement l’inverse. 

Club Italie-France : Vous avez été un témoin privilégié de l’évolution de la société française. Quels sont les changements qui vous ont le plus marqué depuis vos débuts ?

Charles Villeneuve : Un changement fondamental que je n’avais pas vu venir au début de ma carrière, mais que j’ai commencé à percevoir en entrant à la télévision : la montée de la foi chez les jeunes. Jamais je n’aurais imaginé assister à ce que l’on a vu récemment avec la marche des jeunes vers Chartres. Il y a une véritable renaissance de la foi.  Et, malheureusement, je n’en vois pas la trace dans les chaînes d’info. Je ne retrouve pas la prise en compte de cette réalité de la société que nous avions connue sous la houlette de Mougeotte et Le Lay à TF1. 

Club Italie-France : Vous avez également dirigé les sports de TF1. Existe-t-il des points communs entre le journalisme, le management et la compétition sportive ?

Charles Villeneuve : Le point commun, c’est la force du collectif. Faire d’une rédaction un groupe où chacun tient compte de l’autre et apporte ses qualités, c’est ce qui fait la réussite actuelle du PSG, mais aussi celle des grands clubs italiens comme le Milan AC, l’Inter, la Juventus ou la Fiorentina. Ayant connu plusieurs grands entraîneurs de la Squadra Azzurra, je me suis souvent inspiré de nos conversations, notamment avec Spalletti et Arrigo Sacchi, qui me répétait : « Joue, joue à fond le collectif. » 

Club Italie-France : Votre passage à la présidence du Paris Saint-Germain a surpris de nombreux observateurs. Qu’avez-vous appris de cette expérience unique à la tête d’un grand club européen ?

Charles Villeneuve : Qu’à l’époque où j’y étais, il y avait trop de disparités, trop d’ambitions divergentes qui ne tiraient pas dans le même sens. C’était en contradiction avec tout ce que j’avais appris à TF1.  Je suis heureux que, depuis, la logique inverse se soit imposée : ce qui compte désormais n’est plus la starisation, mais le fait de jouer les uns pour les autres, le collectif, encore le collectif, toujours le collectif. 

Club Italie-France : Vous avez rencontré certaines des personnalités les plus influentes de votre époque. Quelle rencontre vous a le plus impressionné sur le plan humain ?

Charles Villeneuve : Mes trois rendez-vous avec François Mitterrand, lorsque j’ai écrit L’histoire secrète du terrorisme. Mais aussi ma rencontre avec des ministres comme Charles Pasqua.  Ce qui m’a frappé, c’est de découvrir, au fil de mes entretiens avec Mitterrand, combien il aimait Pasqua. Je pensais qu’ils étaient antagonistes. En réalité, il existait des liens indéfectibles entre le futur président et ce jeune intermédiaire, messager de la Résistance contre l’armée allemande. Pasqua était le messager du réseau auquel appartenait Mitterrand, qui n’avait alors que quinze ans et portait le nom de code « Patrie ». J’ai été stupéfait de découvrir qu’il y avait entre eux plus que de l’estime : une forme d’amitié. 

Club Italie-France : En tant qu’observateur attentif de la vie publique, quelles sont aujourd’hui les principales forces et les principales fragilités de la France ?

Charles Villeneuve : Sa principale force, c’est ce qu’a construit le général de Gaulle : une dissuasion nucléaire indépendante, qui ne dépend que d’elle-même. C’est la garantie d’échapper à la dépendance des Russes, des Chinois ou des Américains.  L’ami américain est un ogre, pas un partenaire passif comme beaucoup le croient. La principale faiblesse de la France, c’est l’inconstance de ses gouvernants. 

Club Italie-France : Lorsque vous avez débuté dans le journalisme, l’information obéissait à des rythmes très différents. Quelles sont, selon vous, les plus grandes transformations du métier depuis cinquante ans ?

Charles Villeneuve : Je constate une méconnaissance persistante, chez certains dirigeants comme chez beaucoup de journalistes, de l’histoire politique et des mentalités. Je suis surtout frappé par la méconnaissance de l’histoire et de la géographie chez les journalistes. Or la géographie commande l’histoire.  Pour parler politique ou développer des idées, il faut une connaissance réelle – sinon parfaite – de l’histoire. C’est ce que je m’évertue à expliquer à ma petite-fille. 

Club Italie-France : Pensez-vous que les journalistes disposent aujourd’hui de la même liberté d’expression et de la même indépendance qu’à l’époque de vos débuts ?

Charles Villeneuve : La grande transformation du métier, ce sont les moyens électroniques. L’intelligence artificielle va bouleverser l’écriture et mettre à disposition des archives considérables. Est-ce que cela va approfondir la connaissance ? Je crains plutôt que cela ne l’appauvrisse. La gymnastique de la mémoire humaine va se ralentir, tout comme la richesse du vocabulaire. Les rapports de force et d’intelligence, notamment dans le combat politique, vont s’accroître. Le monde nouveau risque d’apporter plus de rapports de force et moins d’intelligence dans les rapports humains. Quant à la liberté d’expression, j’ai appris à ne jamais en abuser : en user systématiquement, c’est contribuer à l’éteindre ; se taire, c’est encourager l’asphyxie. Il faut être nuancé. 

Club Italie-France : Le journaliste dispose aujourd’hui de moyens technologiques sans précédent. Pourtant, la confiance envers les médias semble s’éroder. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Charles Villeneuve : Parce que chacun d’entre nous est devenu un média. L’électronique a donné la parole à tous, y compris aux plus médiocres. C’est cela, les réseaux sociaux : chacun devient un média, et peut dire tout et n’importe quoi. 

Club Italie-France : Les réseaux sociaux ont profondément bouleversé la circulation de l’information. Représentent-ils davantage une opportunité ou une menace pour le journalisme ?

Charles Villeneuve : Une menace. L’information est devenue un produit de consommation instantanée. Regardez la composition de certains plateaux : un mélange de personnalités du spectacle, d’écrivains, d’auteurs importants…  Prenez la question des rapports entre la France et l’Algérie, centrale dans nos difficultés politiques. Il existe un livre majeur sur l’histoire de cette relation pathologique entre Paris et Alger, signé Pierre Vermeren. C’est un ouvrage que tous les journalistes devraient lire et commenter. L’avez-vous souvent vu, entendu, sur les grandes chaînes ? Rien. Nada. Et pourtant, il est l’un des meilleurs historiens des sociétés arabes et berbères, au moment même où se développe en France une société arabe et berbère. 

Club Italie-France : Nous sommes passés d’un monde où l’information était rare à un monde où elle est surabondante. Comment un citoyen peut-il encore distinguer l’information du bruit médiatique ?

Charles Villeneuve :  Grâce à sa culture, son intelligence, son bon sens. Le journalisme d’investigation, tel qu’il existait, n’existe plus sur les grandes chaînes, notamment sur la principale chaîne de télévision française.  Nous sommes à l’orée d’une autre époque, d’une nouvelle révolution médiatique portée par Internet. Sera-t-elle bienfaitrice ? Elle peut l’être, mais elle peut aussi être son contraire. 

Club Italie-France : La question des fake news est devenue centrale dans le débat public. Pourquoi les fausses informations trouvent-elles aujourd’hui un écho aussi important ?

Charles Villeneuve : La réponse est dans ce que nous venons de dire : le développement de la technologie et des réseaux sociaux. Quand vous ouvrez la porte à tout et à tous, vous avez un fatras d’informations, certaines recoupées, vérifiées, authentifiées, d’autres pas du tout. Or toutes peuvent influencer l’esprit des gens. 

Club Italie-France : L’information est devenue un produit de consommation instantanée. Le risque du spectacle médiatique est-il aujourd’hui plus fort que celui de l’information elle-même ?

Charles Villeneuve : Bien sûr. C’est le spectaculaire qui l’emporte sur la réflexion, le discernement, la qualité de ce que vous voulez faire comprendre. Il faut se dessaisir du spectaculaire, le laisser retomber dans l’esprit public, pour ensuite l’expliquer, sans s’y acharner.  Le discernement ne peut naître que si l’on dépasse le spectaculaire, qui peut effacer toutes les racines de la réflexion. 

Club Italie-France : Le journalisme d’investigation, que vous avez largement contribué à populariser à la télévision française, dispose-t-il encore des moyens, du temps et de la liberté nécessaires pour remplir sa mission ?

Charles Villeneuve : Il y a eu de très bonnes émissions d’enquête et d’investigation, sur M6 comme sur les chaînes publiques. Mais seules les chaînes privées ont, à un moment, mis les moyens. TF1 attribuait à chaque numéro du Droit de savoir 200 000 euros. Cela n’existe plus.  Quand vous n’avez pas de moyens, vous n’avez ni le temps ni le recul nécessaire pour affiner une enquête, l’approfondir, trouver les réponses aux questions que vous vous posez. Le temps, c’est de l’argent : c’est vrai. 

Club Italie-France : Avec l’essor de l’intelligence artificielle, sommes-nous à l’aube d’une révolution médiatique comparable à l’arrivée de la télévision ou d’Internet ?

Charles Villeneuve : Je ne sais pas si la comparaison est juste, mais nous sommes déjà entrés dans une nouvelle ère. L’intelligence artificielle va se développer, permettre d’aller toujours plus vite, à une vitesse qui dépasse parfois celle du cerveau humain. 

Club Italie-France : Quelles qualités un jeune journaliste doit-il aujourd’hui développer pour réussir dans un environnement médiatique aussi concurrentiel et instantané ?

Charles Villeneuve : La culture. La culture, l’histoire, la géographie, la langue, la réflexion, le discernement. Tout ce dont nous venons de parler. 

Club Italie-France : Vous êtes également auteur. Qu’est-ce que l’écriture permet d’exprimer que la télévision ne permet pas toujours ?

Charles Villeneuve : Elle permet de prendre le temps de la réflexion. 

Club Italie-France : Depuis plusieurs années, l’Italie semble bénéficier d’un regain d’influence en Europe, tant sur le plan politique qu’économique. Comment analysez-vous cette évolution ?

Charles Villeneuve : L’Italie bénéficie, quoi qu’en ait pensé le chef de l’État français, d’un leader politique qui a une énergie extraordinaire et qui, sans prétention mais avec des idées extrêmement précises, a apporté une énergie nouvelle à une vie politique italienne assoupie dans une social-démocratie illustrée par des leaders restés au pouvoir presque un demi-siècle. 

Club Italie-France : L’Italie est aujourd’hui la quatrième puissance exportatrice mondiale et le deuxième pays manufacturier d’Europe. Pensez-vous que cette réalité soit suffisamment reconnue en France ?

Charles Villeneuve : Non. Et c’est la faute de nos dirigeants, à commencer par le premier d’entre eux. Jean Cocteau disait que les Français sont des Italiens tristes. Nous aurions tout intérêt à être plus proches de l’Italie que de certains autres pays européens, notamment l’Allemagne.  Il y a un réel effort de rapprochement à faire avec l’Italie. Sur tous les fronts – Liban, Israël, Égypte, Irak, Afrique –, le meilleur travail que j’ai pu faire, c’est en collaboration avec un journaliste de La Stampa. Nous avons une culture proche, une sensibilité commune ; naturellement, nous nous rapprochons. 

Club Italie-France : L’Italie dispose d’atouts uniques dans les domaines de l’industrie, du luxe, du design, de l’innovation et de la culture. Quels secteurs vous paraissent les plus prometteurs pour la prochaine décennie ?

Charles Villeneuve : S’il est vrai, je l’accepte. Et actuellement, c’est vrai. C’est lié au nouveau pouvoir italien. Forza Italia, bravo! 

Club Italie-France : Au cours de votre carrière, avez-vous observé une évolution du regard porté par les médias français sur l’Italie et les Italiens ? 

Charles Villeneuve : C’est très récent. Pendant longtemps, le regard français sur l’Italie est resté marqué par certains épisodes, notamment la période 39-45, qui l’a assombri. Mais depuis, et surtout aujourd’hui, on se rattrape.  Il faut contribuer à ce rapprochement et au nouveau regard porté sur l’Italie. Mais c’est aussi aux Italiens de nous donner des éléments constitutifs de ce rapprochement. 

Club Italie-France : L’Italie dispose d’atouts uniques dans les domaines de l’industrie, du luxe, du design, de l’innovation et de la culture. Quels secteurs vous paraissent les plus prometteurs pour la prochaine décennie ? 

Charles Villeneuve : La technologie. Les Italiens se sont toujours distingués dans ce domaine, déjà avant la Seconde Guerre mondiale, et ils ont poursuivi cet effort.  Et puis il y a le tissu italien, que j’aime beaucoup. J’ai été ami avec un grand couturier et industriel du tissu, Nino Cerruti, de Biella, un centre industriel de référence en Europe. J’ai toujours été stupéfait par son apport culturel et par ses interrogations sur l’histoire de France. Une fois par mois, nous dînions ensemble. Un jour, il m’a demandé comment la France avait pu accepter Robespierre. Je lui ai prêté un livre décrivant son système, et il m’a répondu : « Moi, je préfère encore Robespierre plutôt que Fouché, parce qu’il est trop vicieux, Fouché. » Cela m’a fait rire, parce que c’était vrai, évidemment.

Club Italie-France : La relation entre la France et l’Italie est parfois marquée par la concurrence mais aussi par une forte interdépendance économique. Comment voyez-vous l’avenir de ce partenariat stratégique ? 

Charles Villeneuve : Il faut l’approfondir et le renforcer. Un rapprochement avec l’Italie ne peut que nous faire du bien. 

Club Italie-France : Dans un contexte international de plus en plus incertain, quel rôle l’axe franco-italien peut-il jouer dans la construction de l’Europe de demain ? 

Charles Villeneuve : Un rôle important, énorme même. Il ne faut pas que l’Europe continue de se structurer autour du seul couple franco-allemand. Je suis pour l’ajout d’un troisième ou d’un quatrième partenaire, et l’Italie, à mes yeux, peut largement contribuer non seulement à adoucir les rapports, mais à les améliorer, les approfondir, les enrichir. 

Club Italie-France : Y a-t-il une personnalité italienne – politique, économique, culturelle ou sportive – qui vous a particulièrement marqué au cours de votre carrière ? 

Charles Villeneuve : Les industriels, d’abord. Nino Cerruti, mais aussi Enzo Ferrari. J’aimais beaucoup Carlo Ancelotti. Sur lui, je pourrais dire la même chose que sur Nino : une certaine élégance, une intelligence du collectif. Et puis Agnelli. Les industriels comme Agnelli ont été des modèles que l’Europe entière a connus et copiés.  Mais aussi un écrivain italien que je lis souvent, Malaparte.

Club Italie-France : Le Club Italie-France œuvre depuis plus de quinze ans au rapprochement des élites économiques, institutionnelles et culturelles des deux pays. Quel rôle les relations humaines, la confiance et le capital relationnel jouent-ils dans la réussite d’une coopération internationale ?

Charles Villeneuve : Un rôle stratégique, essentiel. Nécessaire. Obligatoire. 

Club Italie-France : Après une vie aussi riche et intense, quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes journalistes, entrepreneurs et décideurs qui construiront l’Europe de demain ?

Charles Villeneuve : L’ouverture et la bienveillance, toujours. Associer le partenaire européen à ses propres efforts, l’écouter, et en tirer des leçons positives. 

Club Italie-France : Si vous deviez transmettre une seule valeur aux nouvelles générations, celle qui a guidé toute votre carrière, laquelle choisiriez-vous ?

Charles Villeneuve : L’effort permanent. Tout se résout à une bataille avec soi-même : il faut viser toujours l’excellence.

REPRODUCTION RÉSERVÉE ©

Interview du

11 June

Informations

Charles Villeneuve, pseudonyme de Charles Émile Edmond Leroy, est un journaliste, producteur de télévision et dirigeant sportif français
Edoardo Secchi - Presidente Club Italie-France
Interview réalisée par
Edoardo Secchi