Andrea Toucinho

Fintech : vers une consolidation du marché en Italie

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L’écosystème italien de la fintech est aujourd’hui arrivé à un stade de maturité, aussi bien au niveau des start-ups italiennes qu’européennes. Dans ce contexte, l’adoption de la sandbox apparaît comme une étape supplémentaire pour renforcer le dialogue entre nouveaux acteurs, pouvoirs publics et entités financières traditionnelles dans un contexte où les enjeux se veulent de plus en plus européens et géostratégiques.

« L’écosystème de la fintech est arrivé à un stade de maturité mais les opportunités sont encore nombreuses », selon Italia Fintech, qui espère que 2019 et 2020 seront des années décisives pour renforcer le poids de ce secteur. Rappelons ainsi que la fintech est un secteur en pleine croissance en Italie, notamment au sein du pôle économique de Milan avec 120 fintechs recensées. Le deuxième pôle fintech de la Péninsule italienne n’est autre que la capitale, Rome, très active en matière de wealthtech notamment en raison de la présence de clients fortunés. Soixante domaines d’activité sont recensés par Italia Fintech, parmi lesquels les paiements, la cybersécurité, le prêt, la gestion des dépenses, le crowdfunding, ou encore la regtech. Parmi les 300 fintechs enregistrées en Italie, 186 sont dédiées à la finance pure. Elles sont en outre 119 à traiter des sujets liés à la Tech comme la regtech, la cybersécurité, l’insurtech, etc. Le secteur des paiements est considéré dans ce marché comme un sujet à fort potentiel. Et pour cause, « les paiements digitaux connaissent en Italie une croissance deux fois plus rapide que la moyenne européenne », selon Italia Fintech. Ce mouvement, qui se matérialise notamment par le développement du paiement électronique, devrait se poursuivre avec l’arrivée des nouvelles générations naturellement appétentes au smartphone et aux nouveaux usages ainsi qu’avec l’apparition de nouveaux modes de paiement, à l’image de l’instant payment, sans oublier la poursuite du développement du paiement par carte et de l’équipement en moyens de paiement électroniques des segments professionnels et entreprises. Autre élément encourageant pour le développement du secteur italien de la fintech : l’open banking, si l’on en croit le souhait des banques de développer leur collaboration avec les nouveaux acteurs dans un horizon de trois à cinq ans. Dans ce contexte, l’adoption de la sandbox apparaît comme une nouvelle étape fondamentale pour la croissance de ce secteur. « Les régulateurs italiens ont déjà des relations avec les fintechs, et le dialogue entre les deux parties est fondamental. La sandbox permettra, dans ce contexte, de renforcer le niveau de coopération et d’incitation à l’innovation, y compris d’un point de vue réglementaire. En effet, rappelons que les réglementations du secteur financier ont été pensées à l’origine pour une réalité qui se trouve aujourd’hui modifiée », explique Italia Fintech. Partenaire de l’Association bancaire italienne (Associazione Bancaria Italiana – Abi), l’association souhaite œuvrer sur les défis réglementaires et business que les membres vivent au quotidien. Le dialogue constitue donc une valeur et un aspect fondamental de la croissance de l’écosystème du pays. Mais ce n’est pas tout. En tant qu’association représentative de la nouvelle économie, Italia Fintech espère que la réglementation dédiée à la fintech devienne de plus en plus européenne, favorisant la scalabilité des entreprises et garantissant aux citoyens de meilleurs services financiers au sein de l’UE. A cet effet, elle participe à la création de synergies avec d’autres associations, au niveau européen, afin de partager des « best practices » et de nouvelles opportunités.

Andréa Toucinho