Entrepreneurs

Cyril Benzaquen


Cyril Benzaquen est quintuple champion du monde de kick-boxing et aussi champion du monde de boxe thaï. Athlète brillant, il est également mannequin et entrepreneur.

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Cyril Benzaquen


Club Italie-France : Vous êtes quintuple champion du monde de kickboxing. Être champion était un rêve d’enfance ou un objectif acquis avec le temps ? Comment avez-vous commencé ? 

Cyril Benzaquen : C’est un peu les deux à la fois, je n’avais pas vraiment de rêves avant de débuter le kickboxing finalement. En entrant dans cette salle de boxe, c’est comme si j’avais gouté à mon propre sang, après quelques cours j’ai tout de suite rêvé de devenir champion … Et par la force des choses j’ai décroché mon premier titre de Champion du Monde à 25 ans, 11 ans après avoir débuté. Mes débuts, c’était de la curiosité, je n’étais pas spécialement sportif, je voulais faire un sport de combat et j’ai atterri dans une salle de boxe près de chez moi à Chatillon.

Club Italie-France : Combien votre discipline sportive a influencé votre vie personnelle ? Dans votre vie quotidienne, avez-vous la même attitude mentale que lors d’un combat ? 

Cyril Benzaquen : Ma discipline m’a structuré et m’a notamment permis de développer ma rigueur dans mon travail. En effet, au travers du sport j’ai pu voir les résultats obtenus des efforts fournis à l’entrainement. Oui mon attitude sur le ring et dans la vie est assez semblable, et je pense d’ailleurs que pour y arriver il faut trouver une harmonie plus qu’un double comportement. En effet, dans la vie je suis plutôt réservé et à l’écoute avec une attitude plus défensive. Si l’on devait comparer le combat à une discussion, lorsque j’échange avec quelqu’un je suis à l’écoute et je prends ce qu’il me donne afin de pouvoir répondre plus justement. Sur le ring, c’est pareil, plus mon adversaire va essayer de me mettre des coups plus je serais informé sur sa technique et sur les ouvertures. C’est de la même manière que j’essaye de placer les mots justes que j’appliquerais les coups au bon timing en fonction de mon adversaire.

Club Italie-France : Vous êtes réussi à concilier le sport et vos études et vous avez décroché votre master en marketing et entreprenariat. Combien la boxe a aidé l’étudiant et vice-versa ? Être étudiant et sportif vous a-t-il aidé à trouver un équilibre ? 

Cyril Benzaquen : La boxe m’a vraiment structuré en tant qu’homme, en effet elle m’a donné confiance en moi et surtout elle m’a permis de développer ma persévérance et ma détermination à obtenir ce que je veux. Quand j’ai décidé de poursuivre mes études après le BAC, de la même manière que je refusais de faire de la figuration dans l’univers de la boxe j’ai décidé de choisir un établissement prestigieux comme Dauphine. Quand je suis rentré à Dauphine, c’était pour une seule raison en ressortir diplômé, de la même manière que je monte sur le ring pour gagner. Ce mindset m’a particulièrement aidé à réaliser mes études sans me disperser dans la vie étudiante à laquelle j’ai dû renoncer durant cette période …

Dans l’autre sens, mes études ont développé mon sens critique et une capacité d’analyse et de stratégie de combat qui sont les ingrédients de mon succès. Enfin, être étudiant et sportif à la fois ont fait de moi un hyperactif (rires) en effet, en mixant mes cours à l’Université et mes entrainements quotidiens, j’ai pris pour habitude d’être relativement surmené, et je crois que c’est devenu un équilibre aussi étrange que cela puisse paraître…

Club Italie-France : Le kickboxing ne semble pas être démocratisé en France (comme en Italie d’ailleurs). Selon vous, pourquoi ? 

Cyril Benzaquen : Effectivement, le Kickboxing comme la majorité des « Boxe pieds-poings » (Boxe thai, full contact …) ne sont pas réellement démocratisées puisque relativement peu visibles dans les médias. Pourtant d’un point de vue télévisuel, le Kickboxing est un bon « produit » puisque les combats sont assez courts, les événements font des efforts pour rendre les shows attirants et enfin les combats sont spectaculaires, ce qui me paraît réunir de bons ingrédients pour obtenir une bonne recette TV …

Et pourtant aujourd’hui ce sport est sous-représenté, je pense que cela provient du fait que ce sport est relativement jeune en Europe, et que sa pratique a commencé dans les banlieues ce qui lui a donné une image de « sport de quartier ». Or, pour la boxe anglaise on dit que c’est « un sport de voyous pratiqué par des gentlemen ». De plus en plus, la pratique s’ouvre à des français appartenant à des classes sociales élevées et permet de se rapprocher de l’image de la boxe classique.

Club Italie-France : Entre autres, vous êtes un entrepreneur. Vous avez choisi de monter votre propre société pour organiser d’événements de kickboxing. Quels sont les caractéristiques qu’un entrepreneur doit avoir aujourd’hui pour réussir ?

Cyril Benzaquen : Oui, pratiquer le Kickboxing en tant que professionnel a fait de moi un entrepreneur, ce qui m’a permit de développer de nombreux projets autour de ce sport. Ainsi, de même que pour réussir sportivement un entrepreneur doit développer les caractéristiques suivantes : la détérmination pour lutter contre les difficultés, de la rigueur organisationnelle pour mettre en place une stratégie pour arriver à son objectif. Apprendre à gérer ses peurs comme celle de manquer d’argent à court terme ce qui demande donc de la patience. Savoir être flexible et accepter de changer de cap si l’on est dans une impasse ce qui renvoi à la capacité d’adaptation sur le ring. Enfin le plus important me paraît d’être passionné par ce que l’on fait ce qui permet de mieux travailler sur ses projets.

Club Italie-France : Quels sont vos projets actuels ?

Cyril Benzaquen : Mes projets actuels sont de divers ordres, poursuivre ma carrière sportive et conserver mon titre de Champion du Monde. Parallèlement, continuer de développer le Kickboxing au travers des événements produits par ma société.

Je suis également en train de me pencher sur différents plans d’actions pour me développer en tant que conférencier au travers de ma double expertise de champion et d’entrepreneur diplômé de Dauphine. Pour le reste, je préfère les laisser silencieux pour vous en reparler quand ils verront le jour (rires).

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1 mai 2020

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